Je suis Charlie ! Je ne suis pas Kényan !

Que cela soit tenu pour dit : « Je suis Charlie » parce que, ce qu’on a essayé de tuer en janvier dernier en France c’était la liberté d’expression et non simplement quelques dessinateurs européens.
Quand je dis que je suis Charlie, j’indique par là qu’on ne devrait pas répondre aux coups de crayon par des coups de canon. Et rien d’autre.

Dans la même veine, je prends mes distances avec le « Je suis Kényan » parce que contrairement à la vague déferlante, je refuse de me voiler la face et je préfère voir le drame qui s’est produit dans une université kényane pour ce qu’il est réellement. Ceux qui sont morts n’ont pas été tués parce qu’ils étaient Kényans, ils ont été tués parce qu’ils étaient chrétiens. C’est la liberté de religion qui a été cruellement atteinte au Kenya.

A Paris des chefs d’État africains ont participé à la marche pour Charlie afin de défendre la liberté d’expression ; je veux que l’on m’explique le mal qu’il y a à cela ! Nous ne sommes même pas capables, ou manquons tout simplement le courage d’identifier clairement l’objet de la barbarie du Kenya. Pire, pour principale réaction, certains refusent que les faits soient rapportés exactement tels qu’ils se sont produits. En choisissant de tuer les étudiants chrétiens et de laisser la vie sauve à ceux qui étaient de confession musulmane, les shebabs ont essayé (en vain, il faut y travailler) une fois encore de susciter et d’entretenir une guerre de religion. C’est cela la vraie tragédie, au-delà du nombre de victimes déjà insupportable.
Arrêtons avec des faux parallèles et osons regarder la vérité en face.
En ce jour de Pâques de Paris à Garissa (Kenya) en passant par Kano (Nigeria) et autres, la priorité devrait être à œuvrer pour faire barrage aux guerres de religions que l’on agite chaque jour sous nos yeux à travers des actes d’une barbarie inqualifiable.
En ce jour de Pâques, je veux le dire orbi et urbi : je suis chrétien… je suis musulman… nous sommes une seule et même humanité… la guerre des religions n’aura pas lieu, ou alors elle se fera sans moi.

La première fois que cela lui arrivait !

Un mercredi de pluie… juste quelques semaines après le mercredi des Cendres. Comme un reclus condamné à revenir sans cesse sur le lieu de ses crimes, je reviens de la Sorbonne, théâtre privilégié de mes péchés mignons. Il est 22 heures. Il fait un froid de canard. Je retrouve mon domicile, comme un nourrisson retrouve le sein de sa mère après avoir essayé en vain de jouer avec le téton de son père. Ma chérie m’accueille.
– Hey, Colince, tu sors encore d’où à pareille heure ?
« Comme il avait plu, il m’a plu de prendre quelque chose de glacé avant de rentrer », lui ai-je répondu, tout en essayant de lui faire une bise. Mais à la senteur de l’odeur des turbines de la Sobebra (Société béninoise de brasseries) qui se dégageait de ma bouche, elle a esquissé quelques pas en arrière pour esquiver ma bise, se sauvant ainsi de cette mauvaise haleine, la mienne, qu’elle exècre comme il n’y a pas de mots pour le dire. Scène de ménage tombée dans la monotonie…
Je me dirige vers la chambre. Elle me rappelle que je dois prendre une douche. Je lui rappelle que la pluie m’y a déjà aidé, en indiquant mes vêtements à peine trempés. Elle me lance : « Sale garçon ! », à quoi je réplique : « La nature aime les contraires ! ». Et je me retourne pour la gratifier d’un sourire malicieux en espérant qu’il sera contagieux comme d’habitude. Echec !
e glisse dans la chambre et, sans prendre une douche, je fonce sur mon laptop pour prétexter d’un boulot urgent à finir au moment où j’aurai à décliner son invitation à passer à table. Je me connecte sur Internet, question de tuer le temps, en attendant cet instant où elle me rejoindra enfin au lit, cet instant où mes doigts auront, peut-être, l’autorisation de taquiner sa robe de nuit, après d’intenses moments de négociations (ça se passe toujours ainsi les soirs où je pue l’alcool : je dois d’abord réussir un nouveau test de séduction pour avoir le droit d’exercer mon devoir conjugal).
Bref, en attendant, je me suis donc connecté. J’ai ouvert ma page Facebook. J’ai parcouru quelques ‘‘notifications’’. J’ai accepté les demandes d’amis…Et hop ! A peine l’avoir introduit dans ma liste d’amis, un profil « pénètre » mon in box… C’est un profil de femme.
Elle : Bsr Monsieur ! Merci pour l’ajout
Moi : Bsr ma chère ! Merci pour la demande
Elle : sourire
Moi : …
Elle : J’adore vos écrits. Je jouis chaque fois que je vous lis
Moi : Ô ooh ! Merci, c’est gentil. Mais je vous assure que ce n’est pas fait exprès.
Elle : Mdrrr ! Dites-moi, vos histoires, elles sont réelles ou c’est juste pour amuser la galerie ? Vous êtes vraiment un amateur d’ivresse ou vous écrivez tout ça juste pour vous amuser ?
Moi : Ceux qui ne s’amusent pas ne vivent pas…
La discussion s’est poursuivie. Nous avons longuement parlé, de tout et de rien, de son brillant cursus académique, de la rondeur de mon ventre, de sa belle photo de profil, de mes goûts pervers. Bref, comme je l’ai dit, nous avons parlé, de tout et de rien ! Elle a trouvé cela amusant. Et elle m’a demandé si j’étais aussi amusant dans la vraie vie. Je lui ai dit que c’était facile à vérifier. Dans la foulée, je lui ai proposé un rencart à la Sorbonne (une buvette) dès le lendemain, jeudi. Elle a accepté « juste par curiosité », m’a-t-elle dit.
Le lendemain, à la Sorbonne, mon terrain de chasse, je suis assis peinard et j’attends. A 21 heures, comme convenu, une dame débarque. Je la vois en vrai pour la première fois, mais je la reconnais tout de suite, tellement j’ai maté ses photos sur son mur Facebook la veille. Apparemment, elle aussi m’a reconnu du premier regard. Elle arrive à ma hauteur et sans autre forme de procès, ni civilités, le dialogue s’engage.
Elle : Ah, Dieu soit loué, tu es vraiment nain, un peu vilain et vraiment ventru, comme je l’espérais !
Moi (souriant malgré la douche froide de l’accueil) : Je ne peux hélas pas en dire autant de toi…
(On s’installe, de façon à être en tête-à-tête ! Je demande une béninoise, elle commande de l’eau minérale, Possotomé. En attendant, la conversation se poursuit)
Elle : J’aime te lire. J’ai aimé la discussion d’hier nuit sur la Toile avec toi et j’avais peur de me retrouver devant un garçon présentable et de tomber sous le charme physique. J’aurai eu honte de moi de m’éprendre pour quelqu’un que j’ai rencontré sur le net. Ça fait trop ‘‘fille facile’’ et de mœurs légères. Je déteste ça. Heureusement, tu n’es pas mon genre…
Moi : Si ça peut te rassurer, je n’aime pas les femmes belles et intelligentes. Vous êtes très souvent des « biens publics » et moi, je n’ai pas l’esprit de partage. Bref, toi aussi tu n’es pas mon genre…
(Nos commandes arrivent. Elle me sert. Elle se sert. Nous levons nos verres et buvons à la santé des rencontres insolites sur Facebook)
La conversation repart. Je parle ; elle rit. Elle parle ; je souris. On papote. Je passe d’une bouteille de béninoise (bière) à la suivante, à un rythme effréné. La même bouteille d’eau minérale, elle passe d’un verre à un autre, à un rythme mesuré. La familiarité s’installe. Elle m’avoue que je suis une dangereuse compagnie (« tu es plaisant et donc, dangereux », me lance-t-elle). Je ne comprends pas. Je n’essaie pas de comprendre. Je lui avoue à mon tour que j’aime les folies parce que pour moi, celui qui ne s’amuse pas ne vit pas. Elle m’avoue qu’elle aussi aimerait un jour faire une de ces folies, s’amuser, perdre la tête… Je saute sur l’occasion et lui propose un truc de fou. Elle me regarde les yeux hors de l’orbite, comme si le ciel lui était tombé sur la tête. « Mais…Mais… Tu es vraiment un… » Elle n’a pas pu achever sa phrase, tellement elle paraissait horrifiée par l’indécence de ma proposition…
Je ne sais plus très bien ce qui s’est passé exactement par la suite. Je me rappelle juste que dix minutes plus tard, nous étions elle et moi dans un lieu d’intimité aux environs du stade de l’amitié. (Ceux qui ne s’amusent pas ne vivent pas.) Je me suis amusé à porter ma main à la fermeture arrière de sa robe. Elle n’a rien dit. Je me suis amusé à être plus audacieux. Elle n’a rien dit. Je me suis amusé à aller plus loin. Elle a réagi… La suite a ressemblé à un tourbillon de passion…
D’amusement en amusement, je dois avouer que nous nous sommes amusés comme vous n’avez pas idée. Quinze minutes après, nous redescendions sur terre. A ce moment, j’ai eu une pensée amusée pour cet Oncle qui m’a dit un jour : « Tu aimes trop t’envoyer en l’air ». J’ai souri. Elle m’a regardé, elle a souri, façon : « Je n’en reviens pas ! » Et la conversation est repartie :
Elle : c’est la première fois que je fais ça le premier soir !
Moi : …
Elle : Le pire, c’est que j’ai aimé ! Tu t’imagines ! Ô mon Dieu !!!
Moi (pour détendre l’atmosphère) : Je propose qu’on laisse Dieu en dehors de tout ceci…
Comme je l’espérais, elle a souri… Et cela m’a fait penser à l’une de mes phrases cultes : « Souris à la vie… Et elle te rendra ton sourire ! »

PS : Ne perdez pas votre temps à juger ma vie ; prenez plutôt du bon temps à vivre la vôtre !

Colince Yann, l’irrécupérable !

Adam Dendé Affo, le dernier des Mohicans ?

Une valeur authentique, une espèce rare, une source d’espoir, il est un peu de tout cela. Et bien plus encore. Un modèle de manageur si rare sur le continent africain qu’on en vient à penser qu’ils sont une espèce en voie de disparition. Ébauche de portrait d’un patrimoine qui pourrait servir de modèle…

Un dirigeant comme il n’en existe plus sur le continent ? Adam Dendé Affo le désormais ex-directeur général de la Caisse autonome d’amortissement (CAA) du Bénin, passera officiellement le témoin ce jour même, 5 mars 2015, alors qu’il a débarqué à la tête de la structure étatique à la faveur du Conseil des ministres du 24 août 2006 ! Une longévité-record qui ne suffit toutefois pas à elle seule pour symboliser la singularité de cet auditeur-comptable et financier senior béninois, désormais promu à la tête de la Baic (Banque africaine pour l’industrie et le commerce), nommé par les investisseurs internationaux.

Adam Dendé Affo, 19 ans d’expérience, cinq continents parcourus (dont plus de 8 pays sur le continent africain), est un cas particulier. Pas simplement parce qu’il a été élu meilleur manager en 2004 à Ecobank-Bénin où il était alors un cadre très en vue. Pas simplement pour avoir reçu à Paris le 7 juillet 2012, le trophée de l’Émergence économique africaine. Non, la singularité de cette pépite d’or du management ne tient pas simplement aux nombreuses distinctions et lauriers glanés au plan national et international, lui ayant valu au passage d’être reçu dans l’Ordre national du Bénin au grade de Chevalier (le 27 février 2009). Il y a mieux ! Dans le CV et à travers le parcours de ce cadre affable, il y a, à profusion, de quoi faire pâlir d’envie et forcer l’admiration. Et ce sont surtout les empreintes laissées à la CAA qui embelliront les annales de l’histoire. La documentation officielle et de nombreux journaux locaux se sont d’ailleurs fait l’écho en ce début de semaine des prouesses réalisées sous le leadership Adam Dendé Affo par cette structure de mobilisation de ressources extérieures et gestion de la dette publique au Bénin qu’est la CAA.

L’ancien DG est désormais appelé à mettre son expérience et ses compétences au service du rayonnement d’une institution panafricaine, la Baic nous l’avons déjà dit. Ceux qui savent lire au-delà des lignes et qui ne souffrent pas d’un afro pessimisme congénital, ceux-là réaliseront qu’il est possible de trouver, sous Boni Yayi, des dirigeants de société d’Etat capables de se démarquer par leurs seules compétences. Promu moins de cinq mois après l’arrivée de Boni Yayi à la magistrature suprême en 2006, Adam Dendé Affo serait resté en poste bien après 2016 si cela ne tenait qu’au président de la République béninoise. C’est dire si la confiance placée en l’un par l’autre a tenu toutes ses promesses et si la reconnaissance de l’autre à l’un est restée à la hauteur du challenge.

Loin des phares, tambours et trompettes

De mémoire d’observateur averti, rarement un cadre à un si haut degré de responsabilité a réussi avec autant de discrétion et d’efficacité à conduire ses missions régaliennes.Tout fervent croyant qu’il est, Adam Dendé Affo a su rester à bonne distance des salamalecs et autres bondieuseries de pacotille, et surtout, loin des phares, tambours et trompettes.

Il fait partie de ces cadres qui ne cultivent pas leurs compétences sur les écrans de télévision ou les ondes de radio, et qui n’en sont pas moins compétents. Des cadres dont il faut paradoxalement rappeler la discrète efficacité…
Oui, il fallait dire deux mots sur ce prodige discret qu’est Adam Dendé Affo: pour l’exemple, pour la fierté d’une Afrique qui cherche des raisons d’espérer, mais aussi et surtout pour préserver ces espèces rares afin qu’elles ne disparaissent point de la conscience collective. En un mot, il fallait en parler, pour offrir des repères à la génération montante… pour servir la postérité !
Vous cherchiez une référence ? Voilà l’homme dans toute sa splendeur, dans toute sa simplicité ! Voilà Adam Dendé Affo !

 

Colince Yann

 

La jeunesse n’est pas un diplôme

En 1990, le Bénin a enrichi le glossaire de la politique d’une nouvelle expression, «conférence nationale», initiée et réussie avec le panache que l’on sait. Aujourd’hui, un quart de siècle après, une certaine jeunesse béninoise a décidé elle aussi d’innover.

Passer de jeunes activistes chauds et bouillants sur les réseaux sociaux à députés à l’Assemblée nationale : voilà le défi que veulent relever Tikpa John Koffi Alexandre (alias Alexandre John le sénateur), Adjegnide Milohin B. Bienvenu, et Houedjeclounon Alexandre (alias Alex Capo, alias Force six). Une démarche qu’ils justifient essentiellement par une nécessité pour la jeunesse béninoise de prendre son destin à main. Toute chose qui se traduit selon eux et, entre autres, par une présence plus conséquente de jeunes députés à l’Assemblée nationale. Ce faisant, ce sympathique trio qui poursuit le rêve fou de passer du monde virtuel au monde réel avec la mention ‘‘Honorable’’, se pose clairement en porte-voix et porte-étendard d’une jeunesse qu’ils estiment être à même de représenter au Parlement béninois dès la prochaine législature. Soit !

Fred Adriano Gwladys Houenou

Un autre jeune, Fred Adriano Gwladys Houenou, exhibe sur la Toile un CV aussi long que ces années de recherche infructueuse d’emploi stable et grassement rémunéré. Lui au moins ne s’est pas construit sa popularité (ou plus exactement, son impopularité) sur les réseaux sociaux. Le jeune Fred était d’ailleurs hier sur l’émission « Zone France » d’une télévision de la place à Cotonou, pour faire le bilan de ses dix années d’activisme politique. De lui, une certaine frange de l’opinion dresse le portrait d’un sympathique prestidigitateur du verbe aux tours de passe-passe qui auraient laissé des traces aigres-douces sur le compte bancaire des hommes politiques qui se sont laissé prendre à sa verve rhétoricienne. Fred serait aussi fidèle en amitiés politiques que peuvent l’être les prostitués en amour, et ce n’est pas de l’ironie. Lui-même reconnaissait hier sur Zone Franche la méfiance qu’il inspire aux hommes politiques de la mouvance présidentielle et un sentiment à la limite du dédain qu’il susciterait chez les opposants. Ce qui nous situe sur le niveau de sa cote de confiance au sein de la classe politique. Paradoxalement, ils sont nombreux ces leaders politiques prêts à casser leur tirelire pour avoir Fred Houenou dans leur escarcelle, un peu comme s’il s’agissait de faire définitivement la preuve que la politique serait un bal de faux-culs où avoir l’esprit retors serait plus un atout qu’un inconvénient. Bref, Fred est jeune, il a la prestance, il a le verbe haut, il manie la phraséologie avec bon allant et, plus important, il sera candidat aux  élections législatives du 26 avril prochain. Pour porter la voix de la jeunesse… et ceci n’est pas de l’humour !

Chabi Yayi Georges Nassim (Cygn)

Vite dit, bien dit, le meilleur pour la fin. ‘‘Cygn’’, signe des temps qui courent, Chabi Yayi Georges Nassim (Cygn) est également annoncé comme candidat aux législatives. Lui aussi est jeune, lui aussi inscrira sa démarche dans une logique de promotion de la jeunesse. Mais un détail fait (et fera ?) toute la différence : Chabi Yayi est le fils du président de la République, Boni Yayi. Tout est dit ! (Comme on le dit ici au Bénin, ‘‘personne ne mangera son piment dans ma bouche’’). Rien à ajouter !
Maintenant, quelques observations rapides sur ce casting fantasque. Alex Capo, doctorant, est une tête plutôt bien faite. Bienvenu Milohin, Ape, pas un inconnu au bataillon du combat militant. Il est un symbole d’une jeunesse pressée (trop pressée ?) d’être aux affaires. S’il en est un qui peut dire merci à Facebook, John le sénateur ne rechignera pas à la tâche. Sur la destinée de Chabi Yayi, on est tenté d’aller relire ‘‘Les Destinées’’ d’Alfred de Vigny. Pour sa part, Fred Houenou est peut-être ce qu’on dit qu’il est, qu’importe, il faut un peu de tout pour faire un monde.
Mais pardon, on n’atterrit pas à la représentation nationale comme un cheveu tombe dans la soupe. A leur décharge, certains diront qu’il y a eu des précédents plus dangereux. Mais un tel raisonnement qui emprunte au nivellement par le bas peut, à terme, conduire à un résultat totalement contraire à la vision défendue. Il ne faut pas donner de la jeunesse l’image d’une couche sociale devenue rêveuse et lunatique, ou racoleuse ou capricieuse pour ce qui peut être de cette jeunesse de bonne naissance qui se croit tout permis et s’autorise cette hâtive conclusion que tout leur est permis. Le cas échéant, à qui la faute ?

PS: Dire tout ceci et s’en arrêter là serait travestir la réalité. Ce casting ne saurait être représentatif d’une couche juvénile qui regorge de talents qui ne demandent qu’à être valorisés. Docteur à 23 ans, jeune astrophysicien béninois au génie sollicité de par le monde entier à moins de 30 ans, artiste au sommet, geeks, mathématiciens, etc.,  nous consacrerons bientôt un billet à ces jeunes Béninois qui excellent chacun dans leur domaine d’activités et passent pour certains pour des références continentales, voire mondiales. Ces authentiques porte-flambeau qui n’ont pas décroché leurs lauriers en mettant uniquement en avant la fraîcheur de leur acte de naissance. Ces jeunes qui font modèles pour la jeunesse et la société, mais pas en brandissant le thème « je suis jeune » comme leur principal fait d’armes. Parce que la jeunesse, ce n’est pas un diplôme, ce n’est pas seulement une étape de la vie, c’est un parcours rectiligne et cohérent, ce sont des valeurs, c’est un mérite à faire savoir, c’est un savoir-faire à faire valoir…
Et porter la voix de la jeunesse, ça ne s’autodécrète pas : ça se mérite. C’est ce que je crois !
Colince Yann, pour Rfi/Mondoblog

Mugabé et l’UA : un fou pour diriger l’asile ?

« Un fou au sommet de l’asile » ? Juste une formule choc. Au fond, on lui doit bien ça, à notre patriarche-président de l’Union Africaine (l’UA), tellement il en raffole.
Plus sérieusement : non, l’Union Africaine n’est pas devenue une sorte d’asile pour fous ayant choisi le meilleur d’entre eux pour sa présidence tournant. Non, Mugabé n’a rien d’un nonagénaire grabataire délirant délinquant sénile et amuseur public à ses heures de gloires éphémères. Non, l’Union africaine n’a rien d’un syndicat de Chefs de tares…oups…Chefs d’Etats sans contenu ou sans contenance.
Et pourtant, oui, rien n’est plus vrai : ce vendredi 30 janvier à Addis Abeba (Ethiopie), les pairs de l’inénarrable Robert Mugabé ont jeté leur dévolu sur le doyen d’âge de leur auguste Assemblée pour assurer la présidence tournante de l’Union pendant les douze prochains ‘‘MOI’’.
La ressemblance avec Louis de Funès ne s’arrête pas à ce regard et ces postures capables de provoquer une hystérie hilarante mortelle chez le plus imperturbable des carnassiers, s’il en est. Bref, avec Mugabé président en exercice, l’UA vient de trouver la parade pour lutter contre Boko Haram et consorts. Aux attaques sanglantes, enlèvements et traitements humains orchestrés par des groupuscules extrémistes qui ont pignon-sur-rue sur le continent, notre Union Africaine à trouver la parade : les formules chocs à la dérision certaine, un humour de pacotille, et une diatribe anti-occident qui ne rate que rarement sa cible ! Qui dit mieux ?!
Mais au-delà de ce somptueux cadeau d’anniversaire pour le patriarche président (il aura 91 ans le 21 février prochain), ce sont surtout les réactions sur le continent qui pour le moment laissent pantois. Des « jeunes » de 40, 50, 70 ans et plus, qui de profession expriment au quotidien leur impatience de voir les ainés passer la main, sont les mêmes qui, aujourd’hui, applaudissent à se rompre les phalanges, ce baroud d’honneur de l’UA à la communauté internationale.
Le vin est tiré, il va falloir le boire. Jusqu’à la lie ? L’avenir nous le dira. Alors, quitte à faire contre mauvaise fortune bon cœur, autant tirer les enseignements de cette gloutonnerie ‘‘pouvoiriste’’ qui vient ainsi d’écrire l’une des plus belles pages de ses fantasmes au 24ème sommet de l’Union Africaine.
Alors que faut-il retenir de tout ceci ? Que peu importe d’avoir monté son ethnie majoritaire contre les autres dans le seul but de s’accrocher au pouvoir ? Que peu importe d’avoir organisé des représailles sanglantes dans son pays pour s’accrocher au pouvoir ? Que peu importe d’avoir entrainé le pays dans une réforme agraire électoraliste qui a affamé un pays jadis grenier de sa sous-région ? Que peu importe d’avoir conduit des politiques hasardeuses avec pour conséquence une inflation qui est allée jusqu’à des records de 165.000% ? Que peu importe tous les crimes commis au nom de la seul logique de la confiscation du pouvoir ? etc…
Leader africains d’aujourd’hui et de demain, peu importe votre parcours, peu importe votre passé, pour devenir une figure historique qui compte sur le continent, la recette est connue et rien de plus facile : un discours anti-occident, au petit-déjeuner, au déjeuner, à l’heure du gouter, à l’heure du souper, bref, matin, midi, soir, partout, toujours, en toutes circonstances. Rien de sorcier ! Mugabé l’a fait. Admirez le succès ! La jeunesse de mon continent a trouvé son héros ! Son nouveau guide ! L’homme qui incarne ses combats futurs, à 91 ans ! Qu’est-ce que c’est beau !!!
Non, Mugabé n’est pas un fou…c’est un génie ! Et ses pairs de l’Union africaine : des visionnaires !
Pour une fois, nous sommes tous d’accord : le seul fou de l’histoire, c’est le taré qui a pondu ces lignes !

Colince Yann, en route pour Jacquot !

Et si Boko Haram n’existait pas ?

Certains diront que le monde n’est plus ce qu’il était avant le 11 septembre 2001. Nous autres ne voyons plus le monde comme il nous est présenté depuis la saga 24Heures Chrono, par laquelle le temps s’arrêtait en Amérique quand elle était diffusée en prime time sur Fox. Qui peut aujourd’hui évacuer du revers de la main la thèse selon laquelle cette série télévisée a réussi à préparer l’Amérique à l’idée d’avoir un Noir à la tête de la Maison Blanche ? Simple coïncide avec l’élection par la suite de Barack Obama ? A voir…
« Un complot menace l’Amérique. Des terroristes barbus et enturbannés sont à la manœuvre. Mais au fil des épisodes, la main invisible qui manœuvre en coulisses perd la complicité de l’ombre. Et le cerveau de la machination se dévoile, tantôt du ministère de la défense, tantôt du ministère de la Justice, etc., tantôt sous les traits de lugubres, cyniques et d’insoupçonnables personnages tapis dans le pénombre jusqu’à…la Maison Blanche ! » Voilà la quintessence de 24Heures Chrono ! Voilà la toile de fond de cette série qui a connu un succès planétaire : l’Amérique qui menace l’Amérique, en instrumentalisant quelques barbares barbus !
En général, ce sont les généraux du Pentagone qui investissent ainsi dans le commerce de la peur, parce qu’ils s’opposent aux coupes sur le budget de l’armée ; ou encore, c’est un régime en plein déclin qui fait recours à la mise en scène terroriste dans l’espoir d’un regain de popularité du président de la république présenté sous les traits de Chef d’État héroïque, Chef des armées exemplaire ! Et le jeu des acteurs fait le reste. Et le public n’y voit que dalle ! Rideaux !
Charlie Hebdo et les attentats des 7, 8 et 9 janvier derniers en France. Attention, ici, nous nageons en pleine réalité. Toute ressemblance n’est que pure coïncidence. Par exemple, quand la cote de popularité du Président Hollande, le plus impopulaire de la cinquième république, connaît un bond spectaculaire et historique, aux lendemains des sanglants événements. Jean-Marie Le Pen peut penser ce qu’il veut, les illuminati peuvent verser dans les élucubrations grotesques, ça fait leurs affaires !
Mais n’empêche, il y aura toujours dans ces événements style 11 septembre, des coïncidences pour le moins troublantes que le bon sens nous invitera souvent à n’en parler que sous cape, de peur de passer pour un attardé mental dans un monde où l’on a de plus en plus le sentiment que ce sont ceux qui ne pensent pas comme nous qui sont de parfaits idiots…
Alors quand les médias ne nous indiquent pas dans quelle direction il faut réfléchir, qu’est-ce qui devrait nous empêcher de mettre notre bon sens à contribution ? Par exemple, pour présenter cette lecture non médiatisée de ce qu’il est convenu, parce que les médias en ont décidé ainsi, d’appeler la ‘‘secte islamiste Boko Haram’’ ? Qu’est-ce qui nous empêche de penser que Boko Haram n’existe pas, du moins, pas comme on veut nous le faire croire ? Comme dans les dénouements rocambolesques et renversants dans 24Heures Chrono qui révélaient que les terroristes n’étaient pas les cerveaux du complot, mais justes quelques marionnettes téléguidées à des fins qu’elles-mêmes ignoraient parfois ? Qu’est-ce qui nous empêche de penser que Boko Haram est une grosse, vilaine et monstrueuse blague pour en réalité servir ceux qu’elle desservirait ?
Raisonnement par l’absurde. L’idée c’est évidemment d’inviter les bienpensants à révéler les limites de nos absurdités pour confirmer l’existence de Boko Haram. Ce que nous espérons. Parce que sinon, il faudra hélas se rendre compte que Boko Haram telle qu’on nous la présente n’existe pas. Un cas de figure qui induit de graves implications.
Alors voici. Selon nous, Boko Haram ou ce qu’il est convenu de nommer comme tel n’est qu’un gadget, une puissante marionnette montée de toute pièce pour créer ce genre de climat sécuritaire qui a prévalu aux États-Unis aux lendemains du 11 septembre 2001. Au nom de la lutte contre Boko Haram, l’unité nationale est de mise dans tous les pays où le monstre est agité. Malheur à l’opposant qui critique le régime Déby au Tchad ou Biya au Cameroun ; il sera soit accusé d’être de mèche avec l’ennemi, soit pire, et que son âme repose en paix ! Désormais, quelle que soit la gravité des exactions dans un pays aux prises avec Boko Haram, il faut avoir de l’outrecuidance pour évoquer la question des droits de l’homme, ou émettre le moindre avis contraire à la surenchère médiatique officielle.
Si j’étais Jonathan Goodluck (en voilà un qui porte bien son nom), le 14 février prochain, j’organise « mes » élections présidentielles ; je me proclame vainqueur ; dès qu’un opposant ose dénoncer les tripatouillages, je l’accuse d’être un cerveau de la secte islamiste Boko Haram ; on lui fait avaler malencontreusement son acte de naissance : dégât collatéral de la lutte contre le terrorisme, et débat clos !
Si j’étais un Chef d’Etat africain pas enthousiasmé à l’idée d’organiser les élections présidentielles dans mon pays, je jouerais de mes relations, j’obtiendrais le numéro de Abubakar Shekau, je lui passerais un coup de fil, je ferais ensuite virer d’importantes sommes d’argent sur les comptes offshore qu’il m’indiquerait. Dans les jours qui suivront, on enregistrera une attaque dans une localité quelconque de mon pays. Il y aura quelques morts et de nombreux enlèvements. Boko Haram signera le crime. Le pays sera en émoi. Et dans ce contexte, même les opposants ne s’opposeront pas à ma décision : élections reportées sine die. Et merci qui ? Merci Boko Haram !!!
Heureusement, je ne suis pas Goodluck Jonathan, je ne suis pas un Chef d’État africain, je ne suis que moi, anonyme « écrit vain » à l’imagination parfois débordante. N’empêche, voilà exactement où je veux en venir. En offrant le contexte idéal pour le durcissement des régimes dans les pays où il sévit, Boko Haram sert finalement et si mielleusement les intérêts de ces dirigeants aux mandats sans fin, qui peuvent ainsi et à loisir profiter de ces situations pour s’éterniser au pouvoir.
Et si finalement, tout ce qui nous est servi n’était que de la poudre aux yeux et qu’en réalité la secte islamiste Boko Haram telle qu’on nous la présente n’existait pas ?
Faire le commerce de la peur pour rendre impraticable le jeu démocratique dans certains pays-cibles africains : et si c’était cela l’objectif inavouable de cette grosse farce sanguinolente qui a cours sous nos yeux sous couvert du vocable Boko Haram ?

La Béninoise : en bouteille ou en pagne ?

La béninoise, vous la préférez comment : en pagne ou en bouteille ?
(Question ‘‘mâle’’ posée ; mesdames, passez votre chemin !)
Préambule.

Précision : je n’ai pas écrit cette histoire pour raconter des histoires ; encore moins pour chercher des histoires. C’est juste histoire de vous faire un cours d’histoire sur l’histoire d’une vie. Ou, plus exactement, l’histoire de quelques vies. La leur, la sienne, la mienne, etc…

Après avoir dit cela, il n’y a aucune incohérence, mais alors aucune, à préciser que toute ressemblance entre les personnages de cette histoire et des personnes existant ou ayant réellement existé, n’est que pure coïncidence. Que les litres de béninoises qui circulent dans mes artères ou veines au moment où j’écris ces lignes soient inscrites dans la conscience collective comme une preuve de l’authenticité de ce délire éthylique…
Cette histoire se déroule à une période qu’il vaut mieux ne pas chercher à situer. Comme j’en ai pris la fâcheuse habitude, ce vendredi-là, j’ai élu domicile à « La Sorbonne » (Atalakou : j’ai une tête plutôt bien pleine et un estomac toujours vide ; tout ceci pour préciser que je parle non pas de La Sorbonne de l’Hexagone, mais bien de La Sorbonne du Stade de l’Amitié de Kouhounou, à Cotonou au Bénin).
Comme je le disais donc, je cire mes airs à La Sorbonne ce vendredi-là et je m’amuse à compter le nombre de béninoises que ma bedaine peut engloutir en une soirée. Quelques amis qui se reconnaîtront me tiennent compagnie. Au moment où j’attaque ma treizième bouteille, l’aiguille de ma montre coure vers la quatorzième heure de la journée. A cet instant, une voix que seuls les disciples de Bacchus peuvent entendre me parle : « Boire sans manger, c’est mauvais dèh ! »
Je réalise alors à quel point j’ai faim. Fin de la partie de « coude-en-l’air » pour moi. Je me lève, je fais un signe convenu à l’ami qui doit se charger de régler l’addition, et je prends congé de mes amis sans prendre les nouvelles de la quatorzième béninoise en bouteille que s’apprêtait à me servir une béninoise en pagne de toute beauté.
Crime abominable quand on vit à Cotonou : je ne sais pas parler Fongbé. Au moment de partir, une idée me vient à l’esprit. Je retourne donc sur mes pas. Je fais un signe de main à l’un des amis, le plus intime de tous, Mahoutin. Il se lève de la table où les autres sont affairés à violer allègrement le contenu, qui de la douzième bouteille, qui de la quatorzième, etc. Une fois Mahoutin et moi à l’écart d’oreilles indiscrètes, je lui livre ma requête. Il me délivre sa recette. Je fais ensuite quelques essais. Il me dit : « c’est bon, ça peut aller ». Je réponds à son sourire par le mien, fier d’avoir enrichi mon pauvre vocabulaire en Fongbé.
Je prends ensuite la route. Direction : le domicile d’un couple qui m’est ami et qui habite à Zogbo, à un jet de pierre de La Sorbonne. Sur les lieux, je trouve Sweety, ma meilleure amie, la petite amie d’Etienne.
Elle est seule à la maison. Je suis seul, sans ma raison. Et ça tombe d’autant plus bien qu’elle revient de la cuisine. Alors, je m’approche d’elle, dans l’état d’ébriété que chacun peut deviner. J’ouvre tendrement mes bras et, en lui lançant le plus enflammé des regards, je lui déroule la phrase dont je venais d’enrichir mon vocabulaire fongbé :

– Wo vè towé no sin mi

Dans la seconde qui suit, j’ai l’impression que ma joue gauche a pris feu. L’oreille siffle comme le gyrophare de la voiture d’un ministre pressé d’aller acheter quelques bananes mûres.
Je n’ai pas encore totalement récupéré mes esprits quand mon ami Etienne fait son entrée. J’ai toujours ma main droite sur ma joue gauche où la main de Sweety vient de faire un passage inoubliable. Voyant dans quel état de rougeur est ma joue, Etienne me demande ce qu’il s’est passé.
– Mon frère, qu’est-ce que tu veux que je te dise ?! Demande à ta Sweety. J’arrive ici, le ventre en feu et je lui dis : « Wo vè towé no sin mi » et….

Je n’avais pas encore achevé ma phrase que la rugueuse paume de main de mon ami Etienne, s’est abattue sur ma joue droite avec une violence inouïe… Et je précise ici qu’il est gaucher et ancien concasseur de cailloux dans les carrières de Savalou…
La puissance de son geste est telle que je me retrouve propulsé dans les airs pour atterrir, heureusement pour moi, dans le canapé. Je suis sonné, hébété, abasourdi, médusé. L’effet de treize bouteilles de béninoise disparaît instantanément et je retrouve toute ma lucidité.
Un doute me vient à l’esprit. Dans un éclair d’inspiration, je dégaine mon téléphone, pianote le numéro, lance l’appel. Une fois tout ceci fait, je porte avec peine mon téléphone à l’oreille la moins brulante (celle visitée par la main de sweety), attendant la réponse à l’autre bout du fil. Elle vient. Rapidement.

– Allo, chéri !
-Oui, allo chérie, dis-moi, que veut dire : « Wo vè towé no sin mi » ?

Ayant écouté ce que je viens de dire, Etienne jette un regard à Sweety. Sweety regarde Etienne. Ils ont compris. Pas moi. Dans un mouvement synchronisé, les deux tourtereaux braquent leur regard dans ma direction. A l’expression d’étonnement sur leur visage, j’ai le faux pressentiment que ma joue va encore passé un sale moment. Sans entendre ni attendre la réponse de ma chérie à moi à l’autre bout du fil, je rassemble toutes les forces qu’il me restait et je prends mes jambes chancelantes à mon cou pour me sauver par la porte restée ouverte.
– Yann, attends ! me fait Étienne, imité pas Sweety.
A quoi je réponds pour moi-même : « Qui est fou ? On ne meurt pas deux fois », et je réussis à fendre l’air, poursuivi par Étienne. À peine dix mètres plus tard, Étienne me rattrape.
-Étienne, si tu me touches…, fis-je en protégeant mes joues de mes mains.
J’avais l’air aussi menaçant qu’un mouton effarouché qui essaye de faire peur à un tigre dont il est le captif.
Pour toute réponse, Etienne me sourit. Je l’ai dit, il avait compris…
Pauvre de moi ! C’est à cet instant seulement que j’ai moi aussi réalisé l’erreur monumentale que j’avais commise en demandant à mon espiègle ami, amateur de blagues à deux balles, ce faux type de Mahoutin, de m’apprendre à dire l’expression « J’ai faim » en Fongbé.

NB : pour les amis d’infortune qui lisent cette histoire à laquelle ils ne comprennent rien parce qu’ils ne comprennent pas le FON, il me plait de réduire les limites de votre ignorance. L’expression : « Wo vè towé no sin mi… » veut en réalité dire « J’ai faim de toi ». Mais en le prononçant et faisant foi à la traduction de mon ami Mahoutin, je croyais dire par cette expression : « j’ai faim… », ou encore : « j’ai envie de manger »…eh oui !

Ceci dit, ce que je dois préciser dans cette histoire, malgré moi croyez-le, c’est que, quelques jours après ce malentendu vite dissipé, j’ai rendu visite de nouveau à ma meilleure amie, la petite amie d’Étienne, Sweety.
Ce jour-là, à mon arrivée, Sweety sortait, non plus de la cuisine, mais cette fois-là de la douche, les rondeurs soigneusement emballées dans un joli pagne Vlisco. Sweety c’est une amie de longue date. Plusieurs fois, il est arrivé qu’elle prenne sa douche, se déshabille et se rhabille en ma présence sans que la température de mon corps varie d’un centime de degré Celsius. Je plains ici les idiots qui me prendront pour un idiot.

Afin… Bref ! Ce jour-là, elle me regarde, me lance un sourire intriguant et me demande si je n’étais vraiment pas conscient de ce que traduisait réellement l’expression « Wo vè towé no sin mi », quand je l’ai prononcée la première…et dernière fois. Comme je ne lui réponds pas, elle me traverse sans gêne sur le seuil de la porte de sa chambre, va prendre une bouteille de béninoise dans le frigo et revient déposer ladite bouteille sur la table dans la chambre. Je suis toujours adossé à l’entrée de la porte, façon Lucky Luke. Une fois la béninoise en bouteille bien mise en évidence sur la table, elle se retourne vers moi, me jette un regard de défi et me lance ces mots qui resteront à jamais gravés dans mon esprit.
– Aujourd’hui, tu vas me dire ce que tu préfères le plus : Béninoise en pagne ou une béninoise en bouteille ?
Ayant dit ces mots, Sweety a dénoué et renoué délicatement son pagne, offrant au passage à ma vue le spectacle de ses formes généreuses sous un angle que je n’avais jusque-là jamais osé l’explorer. A la vue du fugace spectacle, mon sang s’est figé dans mon corps. Je me suis braqué. Eh oui, j’étais là, DEBOUT (et quand je dis ‘‘debout’’, ça veut dire ‘‘debout’’ !), de tout mon corps !

Devant mes yeux, sur une table, une béninoise en bouteille, fraichement sortie du réfrigérateur. Et, non loin, à côté du lit, une béninoise en pagne, fraichement sortie de la douche…

J’ai dû prendre la décision la plus doucereuse…euh…douloureuse de ma vie ce jour-là…
Cette scène s’est produite cinq jours après l’incident-aux-gifles du couple Étienne/Sweety
Retour au présent. Ce matin, cinq années plus tard, Étienne, l’éternel petit ami de ma meilleure amie, ce cher Étienne disais-je, m’a rendu une visite de courtoisie. Il était en compagnie de sa Sweety chérie et du petit et mignon Joël, le premier fruit de leurs confessions nocturnes. Au cours de nos causeries, une fois encore, Étienne m’a gratifié de cette phrase que mes oreilles supportent de moins en moins.
– Ah, mon cher Yann ; ma Sweety et Moi-même t’aimons tellement que même notre fils s’est joint à ce concert d’amour : regarde-le, on dirait toi, Yann, quand tu avais environ cinq ans !

Il a dit tout cela avec un sourire inquisiteur. Puis il a tendrement posé le regard sur moi. J’ai détourné les yeux pour poser tendrement le regard sur Sweety. Elle a détourné les yeux et porté son tendre regard vers le ciel…
Voilà l’histoire de la faim. Fin de l’histoire !
Colince Yann, voyou un jour, voyou pour toujours !

Blaise Compaoré, mon héros !

Presidents à vieMon combat sans concession, sans compromis, sans compromission contre la personnalisation, la patrimonialisation, la confiscation du pouvoir en Afrique, est connu de tous ceux qui se donnent la peine de me lire. En ces moments présents, où tous les regards sont rivés sur le pays des hommes intègres, à cet instant précis où Blaise Compaoré vient d’annoncer la vacance du pouvoir pour permettre les élections dans les quatre-vingt-dix jours, je voudrais, comme j’en ai la sale habitude, ramer à contre-courant et adresser mes félicitations à un homme : Blaise Compaoré !
Eh oui…Eh oui ! Bravo à toi Blaise ! En acceptant de rendre ta démission comme tu viens de le faire, tu as évité à l’armée du Faso de se diviser en pro et anti, toute chose qui aurait fait basculer le pays dans une guerre aux conséquences inimaginables.
Mais au fond, si je considère en ce jour Blaise Compaoré comme mon héros, c’est parce que la situation actuelle au Burkina Faso me donne l’occasion de rappeler que la lutte contre la confiscation du pouvoir en Afrique n’est pas une guerre contre la personne de ceux qui incarnent ces pouvoir personnalisés et ou personnifiés. Notre idéal d’une Afrique sans ‘‘présidents à vie’’ n’adviendra qu’avec la volonté de ces derniers ; du moins, c’est notre préférence.
Au regard des événements de ces dernières heures, nous souhaitons qu’il soit réservé un traitement de faveur, mieux, un traitement privilégié à Blaise Compaoré. Parce que Biya, Obiang Nguéma, Sassou Nguesso, Kabila et tous les autres présidents aux mandats sans fin, observent avec attention l’évolution de la situation au Faso.
Je souhaite donc que le cas Compaoré, précisément le traitement qui lui sera réservé, puisse être de nature à convaincre ses « pairs » qu’il existe bel et bien une vie après la présidence de la république. C’est à cette seule condition que ce qu’il se passe actuellement au ‘‘pays des hommes intègres’’ pourra servir le combat pour l’avènement d’une Afrique sans ‘‘président à vie’’ par la seule volonté des Africains…
Blaise Compaoré a fait ce jour le choix de renoncer au scénario catastrophe. Pour cela, il est mon héros. Faisons en sorte qu’il soit un modèle pour ses pairs «violeurs » de nos constitutions. C’est ma doléance !

Football / EBOLA : Il faut organiser la prochaine Coupe d’Afrique hors d’Afrique

Avec Ebola, la CAN ne sera pas sucrée

Avec Ebola, la CAN ne sera pas sucrée

Je nous vois écarquiller les yeux : « Heuuu ! Qu’est-ce que c’est que cette connerie ?! ». Oui, oui, oui ! Vous n’avez pas de problème de vision ; vos yeux ont bien lu le titre. Je suis formel : la prochaine Coupe d’Afrique des Nations (Can) de football aura lieu hors d’Afrique…ou n’aura pas lieu du tout. Ebola est passé par là !
Le Maroc, pays organisateur désigné, a choisi de désister, pour les raisons connues. Pas question de faire du royaume de sa Majesté Mohammed VI une sorte de dépotoir continental pour Ebola. L’Afrique du Sud, le Ghana et tous les autres pays contactés pour remplacer le royaume chérifien ont gentiment décliné le cadeau empoisonné. Du coup, tous les regards se sont retournés vers le Maroc, pour essayer de ramener le pays à la (dé)raison.
Ne nous berçons pas d’illusion. Dans son état actuel de dangerosité, Ebola, la nouvelle faucheuse, a enterré les chances d’un brassage des peuples d’Afrique à travers la prochaine fête continentale du football. Désormais, il n’y a que deux options envisageables. Premièrement, un traitement efficace (preuves à l’appui) est mis en œuvre avant la fin du mois de novembre, et l’espoir d’une Coupe d’Afrique en Afrique est encore permis. Seconde option, Ebola continue de narguer les chercheurs et à améliorer les scores de son décompte macabre, et l’espoir d’une Coupe d’Afrique en Afrique est enterré, comme les victimes de la pandémie.
Dans la seconde hypothèse hélas la plus plausible de l’heure, les fous du foot n’auront pas d’autre choix que d’oser une proposition qui provoquera un véritable tollé. « Quoi, une Coupe d’Afrique hors d’Afrique ?! C’est quoi ce raisonnement à la con ? Le virus d’Ebola provoque aussi des accès de folie ? » Passées les réactions émotives, revenons à la raison. C’est où le sacrilège ?
Du moment que la Can de football est une compétition qui se joue entre les nations africaines, le lieu de son déroulement n’est pas le plus symbolique. La finale de la Coupe de France s’est bien disputée plus d’une fois en terres africaines (la dernière édition a eu lieu au Gabon)! Le Dakar, course automobile, a bien été délocalisé en Amérique latine en conservant son nom ! Mieux, Le Tour de France n’a rien perdu de sa symbolique (au contraire), parce que quelques étapes de ce Tour de « France » auraient été courues en Espagne ou en Italie !
Disons les choses comme le contexte actuel nous l’impose : il n’y a aucun sacrilège à organiser la prochaine coupe d’Afrique de football hors d’Afrique. Au Qatar par exemple !
Mis à part les grands discours autour d’idéalismes aux contenus creux et vaseux, qui connait un pays d’Afrique candidat pour abriter la prochaine Can ? Qui ? Personne ? C’est bien ce que je pensais ! Amis du football africain, la prochaine Coupe d’Afrique aura lieu hors d’Afrique, ou elle n’aura pas lieu du tout !
Alors, on fait comment ? On brandi une certaine fierté et on annule tout ; ou, au contraire, on bouffe notre orgueil et on prend contact avec les Qatari ?

Blaise Compaoré et Compagnie : partir ou rester ?

kadhahi et

Qui l’eût cru ?! Pur produit de l’exemplaire démocratie sénégalaise, l’actuel président Macky Sall a tranché : Blaise doit rester ! Et ceci, au nom de la stabilité de la sous-région, selon le successeur d’Abdoulaye Wade. D’aucuns parleront de pragmatisme. D’autres diront : foutaise ! Personne ne cherchera vraiment à trancher sur le fond. Le débat sans fin peut donc continuer, en attendant l’heure H pour apprécier l’ampleur de l’hécatombe. Mais l’objet de mon incompréhension est ailleurs…
Je ne nous comprendrais donc jamais ? Un jour on pleure en chœur et à chaude larme la disparition de Mouammar Kadhafi, perçue dans l’imagerie populaire comme LA cause du chaos actuel en Libye. Et le jour d’après, quand Macky  »sale » emprunte au même raisonnement pour promouvoir la confiscation du pouvoir au Burkina Faso, les admirateurs du Guide de Syrtre osent crier haro sur le baudet… De quel droit? ! De qui se fout-on à la fin?

Ce n’est pas parce que certaines vérités froissent notre orgueil et nous renvoient à nos propres turpitudes qu’il faut s’interdire d’oser les regarder en face. Le principal coupable de la situation qui prévaut actuellement en Libye c’est Mouammar Kadhafi. J’ai dit ! Le Guide de Syrtre avait instauré dans ce vaste Petro-land un régime de personnification, de personnalisation et de patrimonialisation du pouvoir qui ne pouvait s’inscrire que dans une vision : « Après moi le chaos » S’il n’y avait pas eu l’intervention de l’Otan, Kadhafi étant un mortel, aurait tôt ou tard fait le grand saut vers l’immortalité. Quelle que soit les circonstances dans lesquelles il aurait alors rendu l’âme, qui peut prétendre que le destin de la Libye de l’après-Kadhafi n’était pas condamné à emprunter le chemin sur lequel le pays semble embourbé actuellement ?

Que l’on ne s’y trompe pas : c’est la fin des pouvoirs sans fin consensuelle qui font le lit des crises en Afrique. Si Paul Biya, Obiang Nguéma, Blaise Compaoré et tous les autres confiscateurs du pouvoir ne préparent pas l’alternance de leur vivant, chacun a une idée du chaos dans lequel sombreront leurs pays respectifs quand ils seront pris d’une mort subite. Même le palliatif en vogue sur le continent, cette espèce de « PAPAdocratie » à laquelle il a fallu faire recours dans l’urgence pour sauver les meubles chez Kabila, Eyadema, Bongo, etc., pour assurer la continuité, ne fera au mieux que retarder l’échéance.

Au Burkina (comme partout ailleurs), il ne s’agit donc pas de savoir si Blaise Compaoré doit partir ou rester. La question est tranchée, par les lois de la nature : il partira ! Et, ironie de la situation, c’est Blaise Compaoré lui-même qui apporte la seule piste de solution lucide à cette situation similaire dans de nos états, en indiquant dans une récente édition du Magazine Jeune Afrique : « Je partirai. Mais la question est de savoir comment et quand… »

Comment et quand ? Blaise Compaoré et ses pairs doivent libérer leurs pays respectifs. Comment ? L’idéal serait qu’ils le fassent de leur plein gré. Quand ? Il urge que le processus commence maintenant ! S’il devait en être autrement, Compaoré et compagnie seront à mes yeux les seuls responsables du chaos dans lequel sombreraient leurs pays respectifs.
Plaise aux mannes de nos ancêtres que l’âme du Guide de la révolution libyenne guide dans la réflexion ces confiscateurs du pouvoir encore en activité sur le continent, et les emmène à prendre conscience que l’heure de la rédaction de leur testament politique a sonné. Parce qu’à toujours vouloir le faire plus tard, il risque d’être…trop tard !

J’ai dit pour moi!